Ma première expérience de « coaching « 

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Nice-Cannes 8 novembre 2009
Après avoir couru une dizaine de Marathons dont un en 3 h 09 et quatre en 3 h 16, disons que mon temps sur cette distance est de 3 h 15.
Il y a 2 mois, j’ai fais une transition avec une belle équipe d’Amicoursiens en participant au Marathon du Médoc : week-end de fête inoubliable… 
 
Lorsque l’idée est venue de « coacher » quelqu’un et faire profiter de mon expérience, j’ai tout de suite accepté pensant que cette nouvelle forme de participation pouvait être enrichissante pour la personne  » coachée  » comme pour moi.
 
J’ai souvent vu courir Fernande aux entraînements, mais aussi à Viriat, au lac d’Aiguebelette… Je me disais qu’il était possible pour elle de passer en dessous des 4 h. Plus la date du 8 novembre approche, plus j’ai des doutes. Sur moi : Si on ne réussissait pas… Sur la météo qui prévoyait du vent… Un peu stressé, c’est vrai, jusqu’au moment du départ : Si je perdais le groupe des yeux et qu’on ne se retrouve pas, chacun ferait sa course de son côté…
 
Et voilà, nous prenons le départ ensemble, chacun en pleine forme et prêts à relever le défi : nous visons les 3 h 59. Je m’aperçois assez vite que c’est plus difficile que prévu pour moi de m’adapter à la vitesse de Fernande. Malgré notre entraînement le jeudi précédent, seuls pour quelques tours sur le stade pour  » régler cette vitesse « , je pars trop vite par rapport au tableau des allures que j’avais préparé. Elle me dit être bien, mais au bout d’une dizaine de km, nous avons 5 mn d’avance !. Je me répète plusieurs fois :  » On va trop vite, il faut garder ces 5 mn si la fin du parcours est difficile et courir plus régulier « . Nous reprenons un rythme plus juste par rapport à notre tableau. Le premier semi passé, pas de problème, la même énergie, la même forme pour nous deux. Je dois avouer que j’ai bien profité du paysage tout en contrôlant notre allure et en gérant également les ravitaillements. Dès le départ, j’explique à Fernande que les coureurs se déplacent pour la plupart aux tables de ravitaillement, qu’elle doit rester au milieu de la route restée libre. Je prends de l’avance pour aller chercher nos boissons, oranges, sucres… et je la retrouve au milieu de la chaussée. Je lui donne aussi quelques astuces comme pincer son gobelet avant de boire sur le coté pour éviter d’avaler de l’air avec la boisson. Plus loin, je lui demande de modifier par moment sa façon de  » toucher  » le sol en courant car comme beaucoup, on  » tape  » avec la chaussure à plat et c’est bien agréable, de temps en temps, de changer en déroulant le pied du talon jusqu’aux orteils.
 
Arrivés au 30ème km, notre allure toujours régulière, toujours nos 5 mn d’avance. Nous nous attaquons au plus difficile de la course. On vient de passer une première côte, Fernande semble encore en bonne forme et continue de doubler malgré un enchaînement de montées et de faux plat pas évidents. Au 33/34ème km, je m’aperçois à son visage, que la fatigue se fait sentir, c’est bien normal. J’essaie de la rassurer, on voit déjà des arrêts sur le bord de la route et nous nous courons encore, on va y arriver. Plus loin, beaucoup se font faire des massages, s’arrêtent, continuent mais en marchant… Il faut tenir. Je me mets un peu en retrait en disant :  » Si tu veux ralentir et profiter de notre avance pour te détendre un peu… « . Mais elle continue, toujours au même rythme, sans rien dire, elle continue à doubler. Je suis fasciné. On se dit :  » on a passé le 37ème, on a passé le 38ème « . Aux 2 derniers ravitaillements, Fernande fait enfin une pause. Sur la distance effectuée, ce seront les 2 seules pauses. Environ 30 secondes au total. Nous reprenons la route. On aperçoit au loin le palais des festivals de Cannes donc la zone d’arrivée. Dernier kilomètre et Fernande double toujours avec un peu de mal c’est vrai car les spectateurs se resserrent au milieu de la route. A peine 2 mètres de largeur à l’approche de l’arrivée. Nous arrivons à doubler encore quelques marcheurs en demandant aux spectateurs de se pousser. Puis, c’est le dernier virage. C’est maintenant main dans la main que nous arrivons sur ce tapis rouge et que nous franchissons le portique d’arrivée en 3 h 55 mn. Nous avons réussi à garder nos 5 mn jusqu’au bout et pour la première fois, Fernande va voir sur son temps un 3 au lieu d’un 4. Bravo. Quelle émotion ensuite sitôt la ligne franchie. Pour l’un comme pour l’autre. Fernande gagnait 8 mn sur son meilleur temps précédant et moi, je m’en serai tellement voulu que quelqu’un me fasse confiance, et si ça n’avait pas marché…
 
Pour cette réussite à ma première expérience de « coach ». Pour ce courage malgré la fatigue des derniers km, je remercie encore Fernande de m’avoir fait vivre cette belle aventure. J’espère bien avoir prochainement une photo de notre passage de la ligne d’arrivée…
Paris 2010 !!! Je suis prêt pour le pari…
Jean-Michel.
  

 
 
 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

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1 Commentaire sur "Ma première expérience de « coaching « "

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Bernard CIPRELLI
Invité
Bernard CIPRELLI

Bravo Jean Michel et félicitations à Fernande pour ces 3h55 qu’elle à bien mérité.
Bernard

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