Pourquoi courons-nous sur piste… en dépit du « bon » sens ?

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Pourquoi courrons nous sur piste, en sens inverse des aiguilles d’une montre ? Si elle ne tombe pas sous le sens au premier abord (surtout pour certains amicoursiens. 😉 ) , la règle 163.1 de l’IAAF (la Fédération Internationale d’athlétisme) est pourtant claire : « les épreuves se courent avec la corde à gauche. […] ».

Mais alors, pourquoi ce choix ? Lors des premiers Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, les épreuves (200m, 400m, 800m…) se couraient toutes dans le sens des aiguilles d’une montre. Et curieusement, les athlètes ont vite fait part de leur gêne. A les entendre, courir vers la droite n’était pas naturel. En dépit du bon sens…, la direction des courses dans les compétitions internationales a donc été inversée à partir de 1913.

Pour expliquer cette gêne, Hideaki Fukami, un scientifique japonais, a publié un article dans le magazine Wedge de septembre 2004 défendant la thèse d’une préférence « innée » pour ce sens de rotation. L’origine de ce phénomène serait en effet neurologique : c’est l’hémisphère droit du cerveau qui commande la perception de l’espace. Dès lors, l’hémisphère droit contrôlant la moitié gauche du corps, la vision serait meilleure du côté gauche. Et cette visibilité accrue à gauche nous encouragerait à courir dans ce sens. Afin d’étayer sa thèse, Hideaki Fukami a même mené une expérience sur quatre athlètes universitaires. Il leur a fait courir des 400 m dans les deux sens. Et au final, le constat est surprenant : les athlètes mettent deux secondes de moins en moyenne pour courir le 400 m dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Une autre explication résiderait dans le positionnement du cœur des humains comme des animaux situé à gauche. Courir dans le sens inverse des aiguilles d’une montre provoquerait dans le corps une force centrifuge qui s’exerce de la gauche vers la droite (inversement si l’on court dans le sens horaire). Aidée par la pompe cardiaque, la veine cave supérieure transporte le sang vers le cœur. Le sang y transite de la gauche vers la droite. La force centrifuge exercée lors de la course dans le sens antihoraire facilite cette aspiration. Si l’on court dans le sens horaire, la force centrifuge s’oppose à cette aspiration. Ceci expliquerait pourquoi, autrefois, des agents contrôleurs vérifiaient que, dans les foires, les manèges tournaient bien dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Sur les pistes de course, dans les manèges des cirques, etc. les virages sont tous en général vers la gauche. Les escaliers des clochers d’église (ou de phares) tournent tous vers la gauche quand on monte… (Ce n’est pas une vérité absolue : au Moyen Âge, on bâtissait souvent des escaliers dextrogyres – qui tournent vers la droite – car il était ainsi plus facile à un défenseur (droitier en général) situé en haut de combattre. Remarquez que, les combattants, même gauchers, devaient tenir leur arme à une main de la main droite. L’assaillant, celui qui montait, devait, pour pouvoir toucher son adversaire, utiliser sa main gauche. Son côté droit étant obstrué par le support des escaliers…).

Certains avancent d’autres hypothèses : Cette règle aurait une origine historique. Une règle tacite que tout le monde suit et qui remonte à l’époque antique des courses de chars où les Grecs et les Romains gardaient leur épée sur la main droite, vers l’extérieur donc (revoyez Ben-Hur !). Les athlètes auraient tout simplement voulu copier ce qui existe déjà sur les hippodromes. En effet, depuis le milieu du XIXe siècle, les chevaux galopent eux aussi dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.

D’autres ont trouvé une autre explication : les athlètes auraient décidé de courir dans le sens inverse des aiguilles d’une montre parce ce sens de la course à pied est également un symbole fort pour le coureur qui cherche à battre l’horloge ou le chronomètre. Ce serait le meilleur moyen de… rattraper son retard !

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4 Commentaires sur "Pourquoi courons-nous sur piste… en dépit du « bon » sens ?"

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Isabelle Mazzella
Invité
Isabelle Mazzella

C’est ce qu’on appelle le sens positif ou le sens trigonométrique en mathématiques. Comme quoi les maths ne s’y sont jamais trompées !!!

Simon L
Invité
Simon L

« …une préférence « innée » pour ce sens de rotation… »
Eurêka! Je comprends enfin mes nombreux accrochages aux « roundabout » anglais!
L’IAAF a bien pris soin de codifier le sens de la course sans pour autant légiférer sur le degré de courbure des virages.

dominique
Invité
dominique

murielle etait en echapéééééé

taranis
Invité
taranis
Enfin un article qui parle du sujet… mais ça date ! J’ai galéré pour trouver une explication sur « Mr Google je sais tout ». Comme quoi, on ne trouve pas de tout sur Internet. Bizarrement aucune explication ci-dessus ne me convient, car mon questionnement part de mon expérience personnelle. En effet, ce sens de rotation a toujours été naturel pour moi, et tourner à droite que ce soit en course à pied ou à vélo m’a toujours semblé être un exercice pénible. Je pense qu’il s’agit tout simplement d’une domination du côté droit chez les droitiers ( donc la majorité ).… Read more »
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